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Petit guide pratique du vêtement éco-responsable.

OEKO-TEX, ça vous parle ? Non ça n’est pas du chinois. Vous n’avez pas pu le rater, les nouveaux créateurs et marques se revendiquant comme « éco-responsables  » se multiplient de jour en jour sur nos réseaux sociaux. La communication sur une consommation plus responsable et éthique du vêtement semble être à la mode. Mais que comprenez-vous vraiment lorsque vous entendez ce genre de discours ?

Depuis quelques années, on a pu voir qu’une consommation plus responsable du vêtement semble doucement s’installer dans le quotidien de certains d’entre nous. Du fait de sa popularité grandissante, il existe plusieurs manières de nommer ce « nouveau » mode de consommation de la mode qui dit stop à la frénésie autour de la fast fashion des années 90 et 2000. On parle parfois de « mode responsable« , de « mode éthique » ou même parfois de « mode écologique« .

Mais qu’est-ce que ces différentes appellations signifient vraiment ? Prôner une mode plus éthique, c’est vouloir pencher vers une industrie de la mode qui se rapproche des valeurs, de la morale et des règles de conduites de notre société. Tandis qu’une mode plus écologique est plus liée à la responsabilité environnementale qui résulte, quant à elle, de la prise de conscience des conséquences de nos actes sur l’environnement.

Comme vous avez pu le remarquer si vous avez déjà survolé certains de mes articles, j’ai tendance à favoriser l’expression « mode responsable » dans mon discours qui, pour moi, a vraiment du sens.  La notion de responsabilité reflète l‘obligation de répondre de ses actes. La responsabilité désigne également la capacité de prendre soi-même des décisions. Je trouve l’utilisation de cette notion particulièrement intéressante dans le contexte d’une industrie textile mondiale au sein de laquelle, très souvent, on ne se sent qu’un « pion insignifiant« . On a d’ailleurs souvent tendance à utiliser cette « insignifiance » comme prétexte pour nier toute forme de responsabilité personnelle au sein de cette une industrie planétaire plus que gigantesque. Pourtant, selon moi, bien que nos action personnelles peuvent paraître minimes, si elles sont prises chacune séparément, l’addition de ces petites actions peut peut-être amener à un changement dans nos habitudes de consommation qui aura un impact sur l’industrie.

Ainsi, parler de mode responsable, c’est accepter le fait que, même dans une industrie à échelle planétaire, nos actes ont des conséquences. Consommer la mode d’une manière plus responsable c’est alors refuser de fermer les yeux sur ces conséquences.

Mais comment s’assurer que le produit que l’on achète est vraiment éco responsable ? A l’heure où l’éco responsabilité du vêtement peut presque être qualifiée de tendance, il est parfois difficile de s’y retrouver entre « greenwashing » ( : méthode de marketing consistant à mettre l’argument écologique en tête de sa campagne de communication, car « l’écologie ça fait vendre chez les « bobos » ») et réelles valeurs misent en application par la marque. Ou encore entre tous les différents labels, appellations et certifications censés garantir l’éco responsabilité du vêtement. 

A travers cet article, nous allons essayer d’y voir plus clair en ce qui concerne les différents indicateurs de l’éco-responsabilité d’un vêtement. A la fin de la lecture de cet article, vous devriez avoir certaines clefs en main qui vous permettront de choisir le vêtement qui a du sens pour vous et qui correspond à vos valeurs personnelles.

On décrypte les différentes matières sur nos étiquettes.

La confection d’un vêtement. Alors, je ne vais pas vous le cacher plus longtemps, c’est loin d’être mon domaine de prédilection. Mais bon, grâce à ce fabuleux outil que l’on nomme Internet, on peut réaliser de grandes choses… comme comprendre la manière dont un tissu est fabriqué !

Commençons par le commencement. Pour confectionner un vêtement, il faut du tissu et pour confectionner un tissu il faut…des fils ! Mais à partir de quoi les fils sont-ils faits ? Les fils sont créés à partir de fibres. Et des fibres, il en existe différentes sortes : des fibres végétales, animales, chimiques ou encore synthétiques.

Les fibres sont alors à la source de nos vêtements. C’est en comprenant la différence entre les différents types de fibres que l’on va pouvoir s’apercevoir si la matière de mon vêtement est réellement éco-responsable ou si, au contraire, elle est nocive en elle-même (pour ma santé) ou pour l’environnement de par son processus de fabrication (ou malheureusement parfois les deux).  

Attention : je vous ai fait deux petits tableaux pour que vous puissiez y voir plus clair lorsque vous lirez les étiquettes de vos vêtements mais ils ne synthétisent bien entendu pas toutes les fibres existantes sur notre planète Terre ! (Oui, je ne préférais pas vous endormir tout de suite).

On décrypte les différents labels et certifications.

Pour commencer notre aventure dans le VASTE monde des labels de mode éco-responsable (et je pèse mes mots), il faut comprendre qu’il n’existe PAS de label global qui regroupe sous un même petit logo tous les différents volets que peut comporter le cahier des charges du vêtement éco-responsable (volet écologique, social, santé ou encore animal). 

Petit point définitions :

Un label : (de l’anglais « étiquette »). Étiquette ou marque sur un produit destinée à en garantir l’origine, la qualité. Un label est une marque protégée, distinctive et collective créée par un organisme public ou parapublic ou par une association ou organisation professionnelle.

Une certification : La certification est une procédure destinée à faire valider par un organisme indépendant le respect du cahier des charges d’une organisation par une entreprise.

A la place de l’idéal du label unique, reconnaissable entre mille (oui, ça avance mais on n’en est pas encore là), il existe une multitude de labels, appellations et certifications se concentrant chacun sur l’un ou plusieurs des volets précédemment cités. Le consommateur à la recherche d’un vêtement éco-responsable doit alors déjà reconnaître ces différent indicateurs pour pouvoir par la suite s’y repérer. En connaissant ces indicateurs, vous allez enfin pouvoir faire des choix de consommation qui ont du sens pour vous en fonction de vos valeurs personnelles. Si, pour vous, le côté préservation de l’environnement est celui qui a le plus d’importance, vous pourrez choisir des produits labélisés ou certifiés en ce sens. Si c’est le volet social et humain qui vous tient plus à cœur, certains labels sont spécialisés dans ce domaine. 

Je sais que la tâche peut dans un premier temps paraître quelque peu scolaire mais nul besoin d’apprendre tous les labels par cœur, prenez un moment pour les comprendre et choisissez de retenir les logos de ceux qui font sens pour vous. 

  • « Origine France garantie » : la totalité de la production du produit a lieu en France = normes sociales, bonnes conditions de travail, préservation de l’emploi en France contrairement au « Made in France » qui peut s’avérer être mensonger.
  • GOTS : global organic textile standard : C’est un label mondial pour les fibres organiques des textiles. Pour être labelisé GOTS il faut qu’au moins 70% des fibres utilisées soient d’origine naturelle. C’est à ce jour le label le plus exigeant (c’est celui qui possède le plus gros cahier des charges). 
  • OEKO-TEX : c’est une certification et non pas un label. Le produit textile ne contient pas produits nocifs pour la santé de l’humain et ni de produits toxiques pour l’environnement. Il existe 7 certifications OEKO-TEX plus ou moins strictes.
  • Naturleder : label de l’Union européenne pour le cuir.
  • SloWeAre : label de marques éco-responsables. C’est un label se basant sur les valeurs des marques (critères : qualité du produit, impact social, impact environnemental).
  • Cruelty free : pour les produits de cosmétiques : aucun test du produit sur les animaux. 
  • Vegan : produit sans substances d’origine animales et pas testé sur les animaux. Attention : aujourd’hui, la certification « vegan » n’est pas encadrée par la loi. Les entreprises peuvent exploiter à leur guise le « vegan » pour leur business. Il existe alors de nombreux abus de langage et de la publicité mensongère de la part de certaines marques et tout cela sans recours judiciaire possible pour les consommateurs qui se retrouvent bernés.
  • FairTrade : Le système Fairtrade permet de certifier aux coopératives de petits producteurs l’assurance d’un prix juste et stable de leurs produits, ainsi que des relations commerciales plus durables par le biais de plusieurs labels. Ils vérifient aussi la structuration de l’organisation, ainsi que les mesures mises en place pour la protection de l’environnement et la sécurité des employés.

Pour plus d’informations je vous invite à aller jeter un coup d’oeil sur les sites de thegoodgoods.fr et de wedressfair.fr.

En résumé : 3 petites étapes pour vérifier qu’un vêtement est bien « éco-responsable ».

  1. Regarder les matières sur l’étiquette : Ainsi on va pouvoir vérifier si la matière n’est ni toxique pour l’environnement (en tant que telle pour par son processus de fabrication), ni nocive pour ma santé et vérifier si elle respecte le bien-être animal. 

Certaines matières sont reconnues aujourd’hui comme les matières éco-responsables par excellence (elles sont alors très à la mode dans le milieu) comme le tencel ou le lyolcell connu comme « la crème de la crème » des matières éco-responsables. Elles sont obtenues à partir de cellulose (protéine présente dans l’écorce de bois) d’arbres d’eucalyptus qui est dissoute dans un solvant non-toxique. La transformation de ces fibres végétales en fils ne demande qu‘une très faible consommation en eau et pas (ou peu) de produits chimiques et nocifs.

Sur la liste des matières éco-responsables on peut également trouver le coton bio, le lin, le chanvre, le liège ou encore la jute. 

sur l’image : du Lyocell.
  1. Regarder d’où provient le vêtement : Le lieu de fabrication du vêtement va avoir une réelle importance en ce qui concerne le volet social de l’éco-responsabilité mais aussi sur la toxicité des procédés de fabrication.  

On parle ici du « Made in » (pas 1998 cette fois-ci) sur vos étiquettes. Souvent, le lieu de fabrication est un très bon indicateur des conditions sociales dans lesquelles le vêtement a été confectionné. Mais attention, il ne faut pas mettre tous les producteurs dans le même sac. Il existe même au Bengladesh, tristement célèbre depuis la catastrophe de l’effondrement du Rana Plaza en 2013, des usines aux pratiques sociales décentes et aux valeurs plutôt éthiques. Il ne faut pas émettre de conclusions hâtives à la simple lecture du lieu de fabrication du vêtement même si ce dernier reste, dans la majeure partie des cas, un bon indicateur. 

  1. Repérer en quoi le vêtement est responsable grâce à la connaissance de la signification des différents labels. 

Attention : les certifications sont souvent payantes à l’instar de la certification GOTS par exemple. Parfois les marques font le choix de ne pas demander les certifications pour ne pas avoir à payer la somme de cette dernière qui peut leur sembler trop coûteuse. Cependant, ce choix des marques reste rare car, la majeure partie du temps, si une entreprise décide de produire de manière éco-responsable elle va chercher à le montrer au grand public et à en faire, une force, un argument marketing. L’éco-responsabilité fera alors très souvent partie intégrante de son image de marque et de sa stratégie de vente. 

Le mode responsable est-elle trop chère ?

Pourquoi la différence de prix entre un vêtement éco-responsable et un vêtement issu de la fast fashion est-elle si importante ?

Il y a de nombreux critères à prendre en compte et qui peuvent avoir un impact sur le prix de vente. Ils correspondent d’ailleurs, pour la plupart, aux différents critères qui définissent un vêtement comme étant éco-responsable : quelle coïncidence ! 

  1. Le pays de fabrication.
  2. Les matières utilisées.
  3. La quantité produite : moins on produit et plus c’est cher et inversement. 
  4. La domiciliation de l’entreprise (par les taux d’imposition et charges/taxes très différents).
  5. La façon dont les choses sont produites : est-ce que l’on fait attention à l’environnement et aux conditions de travail des employés ou pas. 

Alors, les prix proposés par les marques éco-responsables sont-ils réellement trop élevés ou le problème vient-il plutôt de nous, consommateurs qui avons perdu la valeur des choses à cause des prix accessibles de la fast fashion auxquels nous sommes maintenant (trop) habitués ?

La question qu’il faut se poser en tant que consommateur n’est pas seulement : quel est le prix de ce vêtement ? Même si cette question est importante car, bien entendu, tout le monde ne peut pas se permettre d’acheter un t-shirt à 60€. Mais également pourquoi ce vêtement est-il à ce prix, et dans ce cas, si on a besoin d’informations supplémentaires, il ne faut pas hésiter à poser des questions aux vendeurs en boutique ou directement à la marque si l’on fait le choix de faire son shopping en ligne. Je sais que cela peut paraître étrange au début car cette demande d’information et de transparence de la part de la marque n’est toujours pas vraiment dans les mœurs de la société d’aujourd’hui mais pourquoi pas la démocratiser ? 

La réponse au « pourquoi ce prix ? » pour les vêtements éco-responsables peut être trouvée dans ce qu’on peut appeler « le prix juste ».  Ce prix juste prend en compte des éléments très largement laissés de côté par les grandes enseignes de la fast fashion. Le prix est juste quand la production est plus ou moins locale, respectueuse de l’environnement, respectueuse de notre santé et des conditions de travail des employés des usines qui, grâce à leurs petites mains, fabriquent nos vêtements : et tous ces éléments à prendre en compte ont, bien entendu, un coût

Ainsi, malgré des prix que l’on peut trouver élevés, très souvent, la marge faite par les créateurs ou les marques qui ont fait le choix d’une production éco-responsable sera souvent assez basse ce qui fait qu’il peut être difficile de vivre de son activité de mode responsable et éthique. Cela serait vous mentir de nier l’existence du « greenwashing » mais, non, les marques ne profitent pas toutes de la tendance liée à l’éco-responsabilité pour se faire de l’argent sur notre dos, à nous, les consommateurs.

Pour conclure, on peut largement affirmer que face à ces enjeux trop longtemps laissés de côté, il est vrai qu’une petite partie de l’industrie du textile connaît une réelle évolution. De plus en plus de marques en prennent conscience et décident de passer à l’action en se lançant dans l’industrie de la mode responsable.

Néanmoins, il faut garder à l’esprit l’immensité de cette industrie qui est, du fait de cette immensité, difficile à faire bouger. Il est alors, à mon sens, important de faire preuve d’une certaine patience et de ne pas être trop intransigeant envers les marques à partir du moment où ces dernières font preuve de transparence sur leurs faiblesses et démontrent une réelle volonté de se diriger vers un processus de réponses aux enjeux de la mode éco-responsable.

J’espère avoir pu (un peu) vous aider dans votre compréhension du monde de l’éco-responsabilité dans l’industrie textile et à bientôt sur Made in 1998.fr !

Par MADE IN 1998.

Le rendez-vous préféré des grands curieux : sujets de société, mode (éco)responsable, monde du numérique, voyages et culture. Ici, on parle de sujets qui m’inspirent et qui peuvent aussi inspirer ma génération (mais pas que!).

14 réponses sur « Petit guide pratique du vêtement éco-responsable. »

Hello,
Super article ! Vraiment très très intéressant et très complet. J’en ai beaucoup appris sur les textiles que l’on porte aujourd’hui et notamment le réel coût de nos vêtements.
Bravo pour cet article !

Aimé par 1 personne

Hello,
Super articles, vraiment très intéressant d’en connaître plus sur la composition de ce que l’on pose et surtout ce que coûtent réellement nos vêtements !
Merci et bravo pour ce super article détaillé

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Merci beaucoup pour cet article qui m’a beaucoup appris sur les différentes certifications et labels. Par contre le problème pour moi c’est que c’est bien de créer des vêtements responsables sauf qu’il y a que les gens qui ont les moyens qui pourront en bénéficier et je trouve ça un peu embêtant.

Aimé par 1 personne

Tès intéressant cet article et toutes ces précisions. Après je pense que la mode eco responsable reste de simplement arrêter d’acheter à tout va. Avoir une garde robe minimaliste. Revendre sur Vinted ou donner ce que l’on ne met jamais ou que l’on pense que l’on va mettre quand on aura perdu 5 kilos ! 😂

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Je suis totalement d’accord avec ta vision de la mode responsable, ralentir sa consommation est pour moi le plus important 😊 Après on entend tellement parler de toutes ces nouvelles marques éco-responsables en ce moment que j’avais envie de creuser un peu plus le sujet!

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Bonsoir,

Votre article me touche particulièrement. Je suis aussi dans une démarche eco-responsable, et je partage du mieux que je peux, comment mieux consommer. C’est pour ça, je suis ravie de pouvoir lire votre article, qui traite d’un sujet important. C’est un écrit recherché, et les réponses aux principales questions qui se pose, sont présente. C’est vraiment agréable de retrouver ce genre d’informations. Bonne continuation à vous 🙂

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