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On passe à la seconde main.

En 2020, pensez-vous toujours le neuf comme un marqueur social, culturel ou même économique ?
Peut-on identifier le niveau de revenus ou la classe social d’une personne en se basant uniquement sur le fait qu’elle achète des produits neufs ?
Il fut un temps où c’était le cas mais aujourd’hui, peut-on réellement continuer à l’affirmer ? Pas vraiment.

En 2019, 60% des français auraient acheté des produits d’occasion que l’on peut aussi appeler de « seconde main« . Mais concrètement la seconde main, ça veut dire quoi ?

Quand on parle de « seconde main » on fait allusion à un produit d’occasion. La « seconde main » en question est celle du deuxième propriétaire du produit qui obtient ou utilise ce dernier après qu’il ait déjà été utilisé par au moins une autre personne. La seconde main peut alors concerner tous types de produits mais en ce qui nous concerne, nous allons nous pencher uniquement sur le cas du vêtement de seconde main.

La seconde main en route vers sa success story,

A ce jour, le marché du vêtement de seconde main est en plein essor.  Aux États-Unis, les ventes de biens d’occasion devraient plus que doubler pour atteindre 51 milliards en 2023, contre 24 milliards l’an dernier. On ne compte plus les ouvertures de friperies, les nouvelles applications de vente de vêtements en ligne qui pourraient prendre encore plus d’ampleur grâce à la nouvelle tendance liée à « l’upcycling » qui consiste en un recyclage des nos vieux vêtements en les transformant en de nouveaux grâce à nos petits doigts et une bonne dose d’imagination.

Ainsi, il existe plusieurs manières et endroits pour se fournir et pour consommer des vêtements de seconde main.

Dans un premier temps, simple, basique : la récupération ou l’échange de vêtements avec notre entourage. Ici, les membres de fratries ne pourront que se reconnaitre dans mon propos.

Qui n’a jamais récupéré (à contre coeur) les vieux vêtements de son grand-frère ou de sa grand-soeur ? Ce ne sont pas de bons souvenirs pour tout le monde. Pendant ces moments, on se sent plus forcé de porter les vêtements d’un autre qui ne nous correspondent pas vraiment. Ces moments peuvent parfois laisser des souvenirs amers et une mauvaise image de la seconde main.

Mais ces souvenirs sont derrière vous ! Aujourd’hui, vous êtes maîtres de votre style et en ce qui concerne la consommation de seconde main : vous avez l’embarras du choix !

Où acheter des vêtements de seconde main ?

Les friperies :

Quand on parle seconde main, il est impossible de faire l’impasse sur les friperies. Mais à quoi ce mot vous fait-il penser ?

Laissez-moi deviner, vous imaginez une boutique assez sombre, avec des vêtements (beaucoup trop de vêtements). Souvent ces derniers sont éparpillés dans de grands bacs qui vous semblent si profonds que vous avez peur d’y tomber et de ne plus jamais en trouver la sortie… Vous imaginez aussi sûrement des vêtements originaux (voire un peu loufoques), d’époque, vintage, des vendeurs passionnés et olfactivement parlant vous avez directement une certaine odeur en tête, vous voyez ce que je veux dire ?

Si c’est le cas, félicitations, vous avez le parfait cliché de la friperie en tête ! C’est un bon début, mais il ne faut pas s’y arrêter. Le principe d’une friperie est, certes, la revente des vêtements de seconde main mais ces boutiques sont loin d’être toutes identiques !

En effet, il existe plusieurs types de friperies. Il y a les boutiques associatives où les vêtements sont de seconde main mais où vous trouverez généralement des pièces assez basiques revendues à des prix très bas et rarement des pièces plus « vintage » et des friperies plus classiques avec des arrivages de tous types de vêtements.

Mais il y a aussi des friperies plus « vintage » où chaque vêtement est soigneusement chiné. Les prix y sont souvent plus élevés car le fait de chiner les plus belles pièces, pour proposer uniquement des articles de qualité ou qui correspondent pleinement au style de la boutique, à sa clientèle demande beaucoup de temps et surtout d’énergie

Boutique : Armstrongs Vintage (Edimbourg).

Les applications mobiles de revente de seconde main :

Les applications mobiles de revente de seconde main de particulier à particulier connaissent aussi une explosion ces derniers temps. On peut par exemple citer « Vinted », la plus connue, que j’utilise d’ailleurs beaucoup et que je trouve très facile d’utilisation. Mais il existe aussi « Videdressing », « United Wardrobe » ou encore « Vestiaire Collective » pour des pièces plus luxe. Il existe également d’innombrables friperies en ligne qui prennent la forme d’e-shops. Car oui, le shopping de seconde main en ligne existe !

Les brocantes et vide-dressings :

Les brocantes et vide-dressings peuvent aussi représenter une mine d’or en matière de vêtement de seconde main. Très souvent, le but principal de ces évènements pour les participants est de tout faire disparaitre, vous pourrez alors y trouver des articles à des prix défiant toute concurrence, à condition de bien fouiller.

Pourquoi on peut avoir du mal à se tourner vers la seconde main ?

Certains clichés sur la seconde main et en particulier sur l’univers des friperies ont la vie bien dure… A travers les réponses que certains d’entre vous m’aviez donné quand j’écrivais pour mon article « Votre rapport à la mode responsable », j’ai pu comprendre qu’il était difficile pour de nombreuses personnes de changer ses habitudes de consommation de neuf pour se tourner vers la seconde main.

Voici un extrait de vos réponses issu de mon précédent article « Votre rapport à la mode responsable »:

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Les clichés qui vous bloquent :

Un vêtement déjà porté = un vêtement abîmé.

Les vêtements de seconde main ne sont pas neufs, c’est un fait. Pour beaucoup, le raccourcit fait entre le vêtement qui n’est pas neuf et le vêtement abîmé est très difficile à déconstruire. Les vêtements de seconde main seraient alors de mauvaise qualité car cette dernière se serait détériorée avec l’usage et le temps

Ce cliché persiste et pourtant ! Il est vrai que parfois les vêtements en friperies (surtout en ce qui concerne les boutiques associatives) peuvent être un peu abimés mais il ne faut pas s’y arrêter et en faire une généralité. Il existe tellement de vêtements en attente d’un nouveau propriétaire qui sont très, très peu abimés, voire qui parfois paraissent même neufs.

De plus, parfois, si une pièce vous plaît vraiment, il ne faut pas s’arrêter à un détail si insignifiant : un bouton va bientôt lâcher ? Vous pouvez essayer de le recoudre. Une tâche ? Elle partira sûrement au premier lavage et elle peut même jouer en votre faveur : pourquoi ne pas se servir de ce prétexte pour négocier le prix du vêtement à la baisse ? Un petit trou ? Un tout petit peu de couture ou un patch thermocollant et le tour est joué.

Bien sûr, je ne parle pas d’un vêtement dévoré par les mites que je vous conseille de laisser gentiment dans la boutique, même si des fois, nos talents manuels et créatifs peuvent nous réserver de belles surprises. 

Chercher LA pièce en friperie = un réel casse-tête chinois.

« Chercher LA pièce en friperie c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin, c’est beaucoup trop compliqué« . 

Certes, vous ne pouvez pas toujours faire du repérage en ligne comme vous pourriez le faire sur le site de nombreuses enseignes de fast fashion. Mais aujourd’hui, de très nombreuses friperies vivent avec leur temps et se digitalisent. Elles possèdent souvent leur boutique en ligne ou alors un compte Instagram sur lequel elles présentent leurs meilleures pièces (ou même parfois toutes leurs pièces).

Alors ne vous découragez pas et balayez votre attrait pour la solution de facilité, il existe aujourd’hui de nombreux outils créés spécialement pour vous faciliter la tâche.

Et puis, attendez de ressentir ce sentiment quand vous trouverez LA pièce parfaite pour vous par pur hasard. Vous verrez, vous aurez très vite envie de retenter l’aventure

Boutique : Armstrongs Vintage (Edimbourg).

S’habiller avec des vêtements de seconde main = avoir un style plutôt marginal.

Faut-il obligatoirement avoir un style vestimentaire « marginal » pour trouver son bonheur dans la seconde main ?

Personnellement, je pense que cela peut être le cas si vous vous tournez uniquement vers des friperies plutôt « vintage » dans lesquelles un style vestimentaire assez rétro sera mis à l’honneur grâce à la vente de pièces d’époque.

Mais en matière de seconde main, le vintage n’est pas toujours maître du jeu. Le parfait exemple se trouve dans les applications de revente de vêtements de seconde main précédemment citées sur lesquelles vous pouvez parfaitement retrouver des pièces des dernières collections de fast fashion qui ne plaisent plus à leur acheteur. Ainsi le « prêt-à-porter » devenu « prêt-à-jeter » devient alors le « prêt-à-revendre ».

Les friperies = une odeur particulière… qui n’est pas toujours très agréable !

Ah l’odeur des friperies… reconnaissable entre mille autres odeurs, elle paraît souvent lourde et identique dans chaque boutique (à quelques nuances près).

Mais d’où vient cette odeur ? J’ai tenté de trouver des réponses à cette question en scrollant un peu le web. Ainsi, elle serait en partie due aux solvants utilisés lors du nettoyage à sec des vêtements mais aussi aux odeurs naturelles du corps humain ! Et oui, un vêtement de seconde main est un vêtement qui a déjà été porté et qui peut avoir déjà bien vécu.

Cependant, il convient de se poser la question : cette odeur est-elle vraiment si déterminante dans nos choix lorsque l’on sait qu’elle va disparaitre au lavage ? C’est à vous d’en décider…

Après avoir passé en revue les clichés et les « côtés négatifs » de la seconde main, vous devez vous demander : Qu’est-ce que la seconde main a-t-elle alors à m’apporter ? Et bien, la liste est longue vous pourriez être surpris…

Qu’est-ce que la seconde main a à m’apporter ?

Se faire plaisir avec un mini-budget.

En achetant en friperie, vous verrez votre budget shopping diminuer tout en continuant à vous faire plaisir avec des vêtements. Et oui, à partir du moment où une pièce n’est plus considérée comme neuve (même si des fois on peut se poser deux fois la question), elle perd de la valeur pécuniairement parlant et ça, on valide.

Affirmer son style.

Vous cherchez à affirmer votre style avec des pièces uniques ? Vous êtes à la bonne adresse ! S’habiller avec de la seconde main c’est ne pas être habillé de la même manière que les cinq dernières personnes que l’on vient de croiser dans la rue qui portent les dernières collections de fast fashion.

En achetant de la seconde main, je peux m’habiller avec des pièces qui ne sont pas forcément de mon « époque », que l’on considère comme « vintage » et ainsi affirmer mon style en trouvant des pièces qui me ressemblent plus qu’elles ne ressemblent aux dernières tendances.

Ressentir le plaisir de tomber sur LA pièce.

Quand on achète des pièces de seconde main, on veut tous ressentir le plaisir de tomber sur LA pièce originale et unique que je serais le ou la seul(e) à posséder après avoir bien fouillé le magasin ou être rentré par hasard dans une boutique que le destin aurait placé sur notre chemin. 

Boutique : Lilou vintage (Marseille).

Un acte militant ?

Si je veux ralentir ou arrêter d’acheter dans les grandes enseignes de fast fashion et consommer la mode d’une manière plus responsable, la seconde main peut être une bonne solution. Et ce, surtout pour les petits budgets qui souhaitent changer leur mode de consommation de la mode vers une consommation plus responsable et durable.

En donnant une seconde vie au vêtement, je vais vers un plus grand respect de l’environnement grâce à une démarche de recyclage du vêtement. De cette manière, je dit non à la surproduction et à la surconsommation de la mode ce qui est en quelque sorte un acte militant !

Des vêtements chargés d’histoires.

De nombreuses personnes se tournent vers la seconde main car elles sont fascinées par les histoires que peuvent porter leurs vêtements. Ce qui est passionnant c’est que chaque vêtement est porteur d’une histoire bien propre. 

Depuis que je consomme de la seconde main, je me suis rendue compte que je suis beaucoup plus attachée à mes vêtements chinés qu’à ceux que j’ai acheté en fast fashion.

Je m’en suis réellement rendue compte lorsque j’ai dû quitter en trombe mon appartement Ecossais pour rentrer en France pendant la pandémie du Covid-19. Je n’avais pas le choix, je devais faire un tri dans mes affaires, je ne pouvais pas tout ramener. Une amie est venue dans mon appartement pour me faire ma valise pour que je puisse me la faire envoyer alors que j’étais déjà rentrée chez moi avec l’impossibilité de revenir dans mon appartement écossais. Je ne pouvais prendre que les pièces auxquelles je tenais le plus.

Résultat : 90% des vêtements dans ma valise étaient des pièces de seconde main chinées, il était pour moi inenvisageable de m’en débarrasser ! 

Quelques conseils pour ne pas se perdre dans les abysses des friperies :

Vous pouvez avoir une pièce en tête. Mais autorisez-vous à avoir des coups de coeur spontanés.

Prenez votre temps.

Identifiez les tissus ou motifs qui vous plaisent quand les vêtements sont dans des bacs ou sur des portants puis une fois que vous avez repéré la pièce par rapport à son tissu, regardez sa forme. La forme peut toujours être modifiée grâce à une paire de ciseaux et un peu de couture si vous trouvez qu’elle ne vous correspond pas parfaitement.

Et pour finir : ESSAYEZ ! Passer par la case cabine d’essayage est le meilleur conseil que je puisse vous donner, parfois un vêtement ne paye pas de mine mais porté il peut être juste parfait pour vous.

Bientôt sur Made in 1998.fr : mes adresses friperies à Marseille. Je prends un peu mon temps avant de me lancer sur cet article pour bien découvrir en profondeur l’univers des friperies marseillaises et être sûre de vous proposer une sélection de qualité. A bientôt !

Par MADE IN 1998.

L'endroit préféré des grands curieux : sujets de société, mode (éco)responsable, monde du numérique, voyages et culture. Ici, on parle de sujets qui m’inspirent et qui peuvent aussi inspirer ma génération (mais pas que!).

5 réponses sur « On passe à la seconde main. »

Coucou Lola,

Tu décortiques bien les différents à priori que l’on peut avoir sur les affaires de seconde main. Personnellement, j’habite une grande ville et il y a beaucoup de choix quand on veut essayer de ne plus / moins acheter de neuf en revanche quand je rentre chez mes parents c’est plus compliqué par exemple. Ma plus grande frustration (comme beaucoup j’imagine) c’est de flasher sur une pièce en friperie et que ce ne soit pas à ma taille 🙈 j’ai, moi aussi, l’impression d’avoir un rapport plus « émotionnel » avec mes fringues de seconde main et j’aime aussi l’idée de l’histoire derrière le vêtement comme tu le décris. Et je trouve que ce que j’achète en seconde main est la plupart du temps plus résistant en plus d’être plus économique 🙂

Aimé par 1 personne

À aix , depuis 15 ans , j habille mes enfants chez Bambino et maintenant VIE DE DRESSING. Au début , mes collègues me demandaient « t’as des problèmes d’argent ? » NOn, j’aime le recyclage 😊

Aimé par 1 personne

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