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La fièvre du podcast.

L’avenir des médias se trouve-t-il dans l’audio ? À la vue de l’explosion du podcast depuis les cinq dernières années, l’apparition de cette question est légitime. Le podcast c’est une nouvelle façon de raconter des histoires en tout genre en allant plus en profondeur vers l’humain grâce à l’usage d’un contenu uniquement audio. Dans cet article, on parlera du podcast comme mode de diffusion de contenu, de ses particularités et de pourquoi il est de plus en plus populaire.

Podcast, ça veut dire quoi ?

Le mot « podcast » résulte de la contraction des mots : « iPod » et « broadcast : diffusion en Anglais ». Il fut utilisé pour la première fois en 2004 par le journaliste britannique Ben Hammersley. On peut définir le podcast comme un contenu audio numérique que l’on peut écouter n’importe où, n’importe quand en le téléchargeant ou en streaming grâce à la technologie du flux RSS et avec la possibilité de s’y abonner. La particularité de ce format réside dans le fait que son contenu est uniquement sonore ce qui exclut tout usage de vidéos ou d’images.

Il existe deux sortes de podcasts : les podcasts « replays » et les podcasts « natifs ». Le premier consiste tout simplement en la rediffusion sur le web d’une émission radio ou télévisée émise par un média traditionnel tandis que les podcasts natifs sont totalement indépendants et créés par des passionnés souvent amateurs pour être directement postés en ligne

C’est en 2005 que le terme devient réellement connu du grand public après qu’il ait été introduit par Apple qui lui fait une place dans la version 4.8 de son logiciel iTunes. À son lancement, il n’y avait que 3000 podcasts disponibles. En mars 2020, on en comptait plus de 900 000. Les podcasts sont définis par Apple comme :

« des émissions gratuites que vous pouvez télécharger et lire, comme une radio ou une série TV. Vous pouvez télécharger des épisodes de podcast individuels, ou vous abonner afin que les nouveaux épisodes soient automatiquement téléchargés dès leur parution ».

La liberté du format podcast,

Pour les personnes plus âgées ou cultivées (que moi), le podcast vous rappellera sûrement l’arrivée des radios libres au début des années 1980. Le podcast, je parle ici surtout du podcast natif, est aujourd’hui un format où la créativité est en ébullition. En effet, il y a dans ce contenu audio un espace de liberté plus important que celui accordé par la radio classique, ce qui laisse plus de place à la créativité et à l’innovation. Par exemple, les émissions radios sont obligatoirement soumises à des limites de temps alors que les podcasts indépendants ne connaissent pas cette barrière qui, souvent, limite la créativité. Une durée plus longue permet alors la transmission de plus d’idées, de plus de rencontres, d’émotions ou d’anecdotes. Pour les témoignages, l’utilisation du son est incomparable en ce qui concerne la retransmission des émotions.  

Un format en pleine effervescence,

Ce format semble avoir de plus en plus de succès autant aux États-Unis où il a déjà explosé : il est consommé au moins une fois par mois par un Américain sur cinq ce qui fait plus concrètement 73 millions de personnes, qu’en France où il est consommé par un Français sur dix (4 millions de personnes environs).

En France, ARTE Radio fut le pionnier du podcast. Dès 2002, des podcasts sont diffusés par la chaîne culturelle de télévision franco-allemande. Les premiers promoteurs français du podcast sont souvent des personnes qui ont été journalistes professionnels dans les milieux des radios traditionnelles ou associatives, ce qui vaut parfois au podcast un cliché. Celui d’être réservé à un public de citadins parisiens. À partir de 2005, Radio France se lance également dans le podcast. En 2019, cette plateforme obtient 80 000 000 d’écoutes de podcast par mois et 3 000 000 d’écoutes par jour. Le succès de ce format ne peut plus être nié. 

Le podcast explose, de nombreuses plateformes qui cataloguent les différents podcasts en les triant par genre voient le jour. Les sujets traités par les podcasts sont très variés. Vous pouvez trouver des podcasts de musique, de cinéma, de religion, d’entreprenariat, de développement personnel, de fiction, d’économie…

Pourquoi je consomme des podcasts,

Ce que j’affectionne tout particulièrement avec le format podcast c’est le fait de pouvoir consommer du contenu à la carte. Je m’explique. Je n’ai pas du tout pour habitude de consommer des émissions radios, peut-être est-ce par ce que je n’ai pas de voiture, ou que ma génération y est moins attachée, ou bien même que je n’ai aucun animateur ou animatrice que j’affectionne particulièrement. Pourtant, il m’arrive parfois de tomber sur des émissions radios que je trouvais particulièrement intéressantes ! Bien sûr le plus souvent, j’arrivais « après la guerre » : au moment où je commençais à m’y intéresser l’émission touchait à sa fin. 

Avec le format podcast, je peux écouter des émissions partout et quand je le souhaite. J’écoute beaucoup de podcasts sur des sujets variés qui attirent ma curiosité et j’en ressors très souvent « moins bête » : j’apprends énormément grâce aux podcasts ! J’affectionne tout particulièrement les podcasts qui prennent la forme d’interviews ou de discussions avec des personnes inspirantes. L’atmosphère créée par les créateurs de podcasts est souvent conviviale mais surtout unique quand elle est créée par un passionné. Grâce à cela, j’ai l’impression d’être en pleine conversation avec les personnes en question que je n’aurais sûrement pas eu la chance de croiser sur mon chemin dans mon quotidien. 

Selon moi, le succès grandissant du format podcast peut être vu comme une réponse de la société au trop plein d’informations que nous recevons chaque jour grâce à (ou à cause) d’Internet. Le format podcast se placerait alors dans une démarche de recherche de sens dans notre consommation de l’information, vers une information qui prends moins en compte les chiffres et plus en compte l’humain en tant qu’être capable de ressentir des émotions (et oui on l’oublie trop souvent).  

L’atmosphère du podcast est alors selon moi très différente de celle des interviews plus classiques qui peut parfois sembler froide et dans laquelle une certaine distance est instaurée par le/la journaliste. 

Un vaste terrain de jeu pour les amateurs,

Car oui, n’importe qui peut être à l’initiative du « balados » (joli nom donné au podcast par nos amis les Québécois). La création d’un podcast natif ne demande pas énormément de compétences, ni de matériel. Certains podcasts sont donc totalement amateurs quand d’autres sont très professionnels. 

Bref si vous voulez vous lancer, il me semble que la clef est d’être unique mais surtout d’être passionné par ce que vous voulez raconter ! Certes, créer son podcast ne semble pas être très compliqué mais conserver l’attention d’une audience pendant des émissions qui durent parfois plus d’une heure et demie est une autre histoire…

Une offre (trop ?) abondante,

Aujourd’hui, on peut réellement parler d’une fièvre du podcast et dans ce milieu la concurrence est rude. Il existe tellement de podcasts différents qu’il est facilement possible de s’y perdre pour un consommateur qui viendrait chercher du contenu sans avoir d’idées précises en tête au préalable. L’offre est également grandissante dans le milieu des plateformes qui cataloguent les podcasts qu’on appelle aussi « réseaux de podcasts ». Aujourd’hui, on peut par exemple trouver Arte Radio, Radio France, Binge Audio, France culture, Louie Media, Transfert, Nouvelles écoutes, BoxSons… Et la liste est encore longue !

Les audiences ne cessant d’augmenter, on a même pu voir une presse à la base purement écrite se lancer dans l’audio à l’instar des Échos qui ont lancé leur podcast « La Story » après avoir vu le succès de « The Daily » lancé par le New York Times. Ce nouveau format est utilisé par les médias traditionnels dans un objectif de toucher un nouveau public plus sensible aux contenus numériques et de ce fait souvent plus jeune

Un nouvel outil publicitaire pour les marques ?

Les médias ne sont pas les seuls à vouloir leur part de l’appétissant gâteau qu’est le podcast. Les marques ne sont pas en reste et s’embarquent de plus en plus dans l’aventure podcast en créant leur propre contenu avec pour but : travailler leur image grâce au son. Orange, LVMH, Veuve Clicquot, Hermès et Guerlain se sont par exemple lancées dans l’aventure. On peut citer la série audio « Confidences particulières » par LVMH au sein de laquelle on peut écouter diverses rencontres avec des artisans et créateurs du groupe. La publicité par le son instaure une relation intime avec l’éventuel consommateur qui est tout simplement impossible avec la publicité visuelle. L’intimité est également créée par le format de temps long qui plonge l’audience dans l’univers de la marque. Cela va alors favoriser l’attention du consommateur et donc son engagement futur. 

L’avenir des médias,

L’avenir des médias se trouve-t-il dans l’audio ? Finira-t-il par prendre la place du texte ou de l’image ? Selon moi chaque format a sa place et est irremplaçable. 

De plus, selon Laurent Frisch, directeur numérique à Radio France, le podcast n’est pas encore un média à part entière car il n’a pas vraiment trouvé son modèle économique. Pour l’instant, les podcasts professionnels sont financés par la publicité ou la vente d’abonnements mais aucune réelle viabilité économique n’a été démontrée. 

Ce qui est sûr c’est que le podcast n’a pas dit son dernier mot. Il n’a pas fini d’éveiller notre curiosité et de nous apprendre sur toutes sortes de sujets.

Son évolution est alors à suivre de très près et le podcast reste à consommer sans modération !

Références :

1.Image micro: Image : Le Blue Yeti. // Source : Numerama

Par MADE IN 1998.

L'endroit préféré des grands curieux : sujets de société, mode (éco)responsable, monde du numérique, voyages et culture. Ici, on parle de sujets qui m’inspirent et qui peuvent aussi inspirer ma génération (mais pas que!).

10 réponses sur « La fièvre du podcast. »

C’est vrai que j’écoute de plus en plus de podcasts moi aussi, et regarde de moins en moins de vidéos YouTube, par exemple. J’aime beaucoup ce format, des écouteurs et le tour est joué. En voiture, dans les transports en commun, parfois devant l’ordinateur, à la plage : tellement accessible. C’est vrai qu’il y a un large panel de choix, parfois on ne sait plus trop où donner de la tête ! As-tu déjà fait un articles sur tes podcasts favoris ? Bises, Erika.

Aimé par 1 personne

Merci pour cet article très complet et soigné !
J’aime beaucoup les podcasts, je peux les écouter pendant mes tâches quotidiennes qui ne demandent pas beaucoup de concentration 🙂

Aimé par 1 personne

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