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Pourquoi on continue de consommer de la fast fashion en 2020.

En 2020, même si un éveil des consciences en ce qui concerne une consommation plus responsable de la mode semble être lancé, ce mode de consommation du vêtement n’est pour le moment pas rentré dans les mœurs de notre société.

Aujourd’hui, le consommateur moyen achète 60% de plus de vêtements et les garde à moitié moins qu’il y a 15 ans. Les grandes enseignes de fast fashion connaissent toujours une croissance exponentielle à l’instar de la célèbre suédoise H&M qui a vu le nombre de ses magasins passer de 613 en 1999 à 4739 en 2017. L’achat d’un vêtement est pour beaucoup vu comme un acte relativement banal, dont l’impact sur notre portefeuille peut parfois s’avérer être minime. On ne peut que citer ici l’enseigne Primark. Il est très facile de ressortir d’un magasin de cette enseigne avec plusieurs articles sans avoir dépensé plus de 15€ et ce, même si on avait besoin d’absolument rien en y rentrant. 

Pourquoi on continue de consommer de la fast fashion en 2020.

Du fait de certaines stratégies mises en place par les enseignes de Fast Fashion comme Zara qui constitue d’après mon expérience l’exemple le plus significatif en la matière, l’achat d’un vêtement peut également devenir un achat impulsif voir même compulsif. Je pense que les nombreux adeptes de la marque savent qu’en cas de coup de cœur, mieux vaut passer à la caisse le plus rapidement possible. Le dit-coup de cœur ne sera peut-être (voir même sûrement) plus disponible la semaine suivante, voir même, le lendemain.

Ce qui rend difficile le passage à une consommation plus responsable de la mode est qu’il ne serait pas honnête d’affirmer que la fast fashion n’a que des inconvénients. En rendant, l’acte de l’achat du vêtement banal ou impulsif, la fast fashion donne l’impression au consommateur d’avoir un fort pouvoir d’achat.

Grâce aux bas prix de la fast fashion, les sociétés occidentales ont pu généraliser un nouveau mode de consommation de la mode. Les tendances sont devenues accessibles aux moins aisés grâce à ces bas prix. Auparavant, il était très difficile de suivre les tendances, de s’habiller « à la mode » sans avoir un portefeuille bien rempli. Ainsi, la fast fashion a pu servir de facteur d’égalité sociale par le vêtement. Aujourd’hui des classes sociales très différentes consomment du H&M ou du Zara par exemple. Cela a permis à beaucoup de personnes de se sentir mieux dans leur peau par le biais de leurs vêtements. On pourrait alors souligner qu’en quelque sorte, la fast fashion a su rendre certaines personnes plus heureuses en ayant un impact sur leur confiance en soi.

Il est certain qu’après avoir baigné une bonne partie de sa vie dans la consommation de Fast Fashion, il est difficile d’y renoncer. Souvent mal informé, on peut se demander si un autre mode de consommation du vêtement est vraiment possible ou si ce système massif nous est tout simplement imposé

Même si on sent, de plus en plus, naître un intérêt pour les modes de consommation plus responsables chez un nombre d’entre nous, nous pouvons parfois nous freiner nous-mêmes dans nos actions voir même dans nos réflexions.

En effet, nous nous sentons des fois coupables mais impuissants face à l’immensité de cette industrie. Notre culpabilité peut émerger du sentiment de ne pas faire ce qu’il faudrait pour être en accord avec nos principes qui, eux, voudraient, qu’on se dirige vers une responsabilisation de nos modes de consommation. En retour, cette culpabilité peut nous paralyser et produire encore plus de sentiment d’impuissance. 

Néanmoins, le sentiment d’impuissance que l’on peut ressentir peut aussi résulter du fait que cette industrie gigantesque consiste en une chaîne mondiale sur laquelle on a l’impression de n’avoir aucun impact. La production textile de la fast fashion peut alors nous sembler très (trop) lointaine. On se met alors parfois à penser le vêtement comme ayant une valeur naturelle, de par ce qu’il est et non pas comme le produit d’un travail. On en oublierait presque que ce vêtement résulte d’un rapport de production au sein duquel il ne faut pas négliger le facteur humain

De plus, l’opacité de ce système de production qui nous paraît toujours plus lointain joue un rôle important dans la naissance de ce sentiment d’impuissance.  Mais à quoi est réellement due cette opacité ? Au regard de la, très souvent, difficile traçabilité du vêtement qui peut s’avérer être voulue par les marques, on pourrait alors penser que cette opacité, qui mène à ressentir ce sentiment d’impuissance, ferait partie de la stratégie de gouvernance de certaines grandes enseignes de la fast fashion.

Le rôle de MADE IN 1998. vers une consommation du vêtement plus responsable.

Si je vous parle de ces sentiments c’est parce que j’ai moi-même longtemps consommé de la fast fashion et parfois avec excès. Même si j’ai toujours été attirée par le monde de la seconde main et surtout par les friperies grâce l’aspect unique que peuvent avoir les pièces que l’on peut y trouver. Ce n’est qu’assez récemment que je me suis réellement penchée sur le sujet de mode responsable appelée aussi mode éthique ou encore éco-responsable. Je préfère l’appellation « mode responsable » car cela souligne le rôle nous avons à jouer en tant qu’individu.

Parce que, selon moi, la première étape vers l’action est une prise de conscience de la réalité du système de production de la fast fashion, j’ai décidé de faire de la mode responsable l’un des thèmes principaux de mon blog. Ce n’est qu’il y a peu de temps que j’ai commencé à vraiment m’intéresser à ces thématiques. Je me suis alors rendu compte qu’il était possible de trouver de l’information à propos de ce sujet sur lequel on est souvent trop mal informé. Cependant, je me suis aussi rendu compte que pour se sensibiliser à la mode responsable, il fallait vraiment aller chercher l’information par soi-même et connaître certains noms d’organisations ou de médias spécialisés en la matière qui ne sont que très peu connus du grand public alors qu’ils permettent d’avoir toutes les clefs en main pour comprendre.

Ici, je vais alors essayer de vous transmettre ce que je sais, de tenter de mieux vous informer sur ce sujet en utilisant des mots simples et en expliquant certaines notions qui ne sont pas innées, personne ne peut deviner leur signification tant qu’un travail d’explication n’a pas été fait. Surtout, je vous donnerai également les noms de certains ces médias et organisations qui, à mon goût, méritent notre intérêt, et surtout, qui en savent beaucoup plus que moi !

Ainsi, j’ai pour objectif de mettre de nombreuses clefs de compréhension à votre disposition pour que vous puissiez par la suite, si vous le souhaitez, agir à votre échelle et transmettre vos connaissances à votre entourage. Bien sûr, avec vous, j’en apprendrais également chaque jour plus sur la mode responsable. Un travail personnel d’approfondissement de mes connaissances sera nécessaire pour vous fournir une information de qualité.

Cette industrie est immense mais si elle fonctionne si bien c’est grâce à nous : les consommateurs. Nous pouvons avoir certaines cartes en main pour faire bouger les choses. Il faudra, tout d’abord, commencer par déconstruire certains préjugés. Consommer le vêtement de manière responsable, ne veut pas forcément dire acheter que des marques éthiques aux prix peu accessibles, ce n’est pas réservé qu’aux plus aisés. Ce n’est pas non plus renoncer à toute forme de mode pour s’habiller avec le même jean et le même t-shirt les 365 jours de l’année (je vous avoue que je tiens trop à la mode pour faire ce sacrifice). D’autres solutions, et des solutions plus progressives sont possibles.

Dans de prochains articles, on parlera alors ensemble de solutions pour se lancer dans l’aventure de la consommation d’une mode plus responsable. Je prendrais moi-même part à cette aventure. En effet, s’il est vrai que je suis déjà assez une habituée de la seconde main, il me reste encore un long chemin à parcourir.

Si certain(e)s d’entre vous veulent aussi se lancer dans cette aventure ou s’y sont déjà lancés bien avant moi, vous pouvez bien entendu me communiquer vos idées, vos prises de conscience, vos astuces, les médias sur lesquels vous vous informez ou vos bonnes adresses en DM sur Instagram. Je serai ravie de prendre en compte vos expériences personnelles !

A très vite sur MADE IN 1998. !

Références :

1. image: Film Clueless 1995 © Paramount Pictures.
2. Rapports annuels du groupe H&M consultables sur leur site internet, <https://about.hm.com/en/about-us/corporate-governance/annual-report.html&gt;.
3. Nathalie Remy, Eveline Speelman, and Steven Swartz, Mckinsey.com, « Style that’s sustainable: A new fast-fashion formula », 10/2016, <https://www.mckinsey.com/business-functions/sustainability/our-insights/style-thats-sustainable-a-new-fast-fashion-formula&gt;.

Par MADE IN 1998.

Le rendez-vous préféré des grands curieux : sujets de société, mode (éco)responsable, monde du numérique, voyages et culture. Ici, on parle de sujets qui m’inspirent et qui peuvent aussi inspirer ma génération (mais pas que!).

21 réponses sur « Pourquoi on continue de consommer de la fast fashion en 2020. »

Merci pour cette approche de la mode un peu différente ! J’apprécie l’analyse que tu as pu faire de la fast fashion, on est dans un carcan imposé depuis des années, il est difficile d’en sortir. Pour ma part, j’étais totalement dedans. Je trouvais toujours une « raison » pour dépenser plus d’argent dans les grandes boutiques de mode. Mais j’ai toujours aimer la fripe par exemple mais là où j’habitais, il n’y avait pas grand chose.
Depuis que j’ai déménagé à Londres, ça a changé beaucoup de choses pour moi ! Je n’ai acheté que de la seconde main, et à moindre mesure. Souvent des pièces que j’avais en tête depuis des années mais que je ne pouvais pas forcément m’offrir ! J’ai fais du coup de sacrés économies en passant et honnêtement, Londres s’y prête vraiment bien !

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Je suis totalement d’accord avec toi. J’habite dans le sud de la France et j’ai vécu à Glasgow en Ecosse. En matière de seconde main ça n’avait absolument rien à voir autant en ce qui concerne de quantité et l’offre qu’en ce qui concerne la qualité des vêtements proposés, j’y ai vraiment trouvé des pépites ! Et je n’ose même pas imaginer le potentiel de Londres…

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Superbe article et travail ! J’ai eu un déclic y a quelque mois sur ma façon de consommer des fringues et j’ai décidé de passer par la seconde main à présent. Ou en tous les cas, de le privilégier quand c’est possible. J’ai effectué mon premier achat sur Vinted la semaine dernière ^^
Mais de manière générale, je ne suis pas une grosse consommatrice de vêtement et makup. Je garde des vêtements depuis des années et donnes aux asso quand ils me plaisent plus. Mais ça tient dans une petite penderie quoi.
Je suis très très souvent choquée quand les youtubeuse font leur grand rangement en ce moment… la QUANTITÉ me tue. J’ai dû mal à saisir comment c’est possible.
M’enfin, personne n’est parfait. Même si la quantité n’est pas présenté dans mon dressing, ça reste du Zara et du Mango alors bon !

Encore merci pour ton travail 🙂

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Entièrement d’accord ! Alors… ma prise de conscience a débutée la semaine dernière je dirais 😅 grâce à une you tubeuse/blogueuse que je suis depuis peu mais dont j’apprécie beaucoup les valeurs. Je n’ai pas encore franchi le cap de commander sur vinted des vêtements alors que j’ai déjà commande des produits, mais j’aimerais beaucoup ! Ce n’est pas évident de trouver ce que l’on aime et avec les frais de port à chaque article si ceux-ci ne sont pas vendus par la même personne, c’est assez contraignant je trouve mais bon parfois on y trouve des pépites et c’est bien pratique ! Merci pour ce partage

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Votre article est très intéréssant. Il y a encore quelques années j’aimais beaucoup aller faire les magasins très régulière et consommer la mode! Désormais, j’aime m’acheter de temps à autre une nouvelle fringue mais si elle est de seconde main c’est d’autant mieux. Mon mode de penser à évoluer ces dernières années et j’avoue que je préfère mettre mon budget ailleurs que dans l’achat de vêtements.

Belle soirée

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J’essaie au maximum acheter lors de vide grenier car on trouve de très belle pièce notamment pour les enfants mais avec cette épidémie je ne pourrais malheureusement pas faire de belle affaire cette année de cette manière en tout cas. Alors je vais guetter sur internet et dans la recyclerie proche de chez moi où se trouve tout un tas de trésors.

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Plutôt sympa ton article ! C’est vrai qu’on achète toujours beaucoup trop juste pour etre à la mode, alors que certaines pièces de Friperies peuvent etre aussi superbe !

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Ce qui est marrant, c’est que en soi, les mécanismes de l’achat en friperie sont les mêmes que ceux chez Zara : on ne sait pas si on va retrouver la pièce qui nous fait craquer le lendemain, puisque les friperies ont rarement 2 fois les mêmes pièces.

Il doit y avoir quelque chose dans notre cerveau qui fait qu’on est plus facilement attirés par le neuf…

En tout cas super article, j’ai hâte de voir les autres !

Aimé par 1 personne

Wow, bravo pour cette article super complet ! On aime vraiment ta façon d’écrire, sincèrement 🙂 Nous entamons également une démarche plus responsable depuis peu. Effectivement, comme tu le disais, nous avons peu de ressources en ligne pour nous aiguiller. Ton article tombe à pic et nous allons suivre tes aventures 🙂

Aimé par 1 personne

Hello ! Je suis de tout coeur avec toi en ce qui concerne la mode éthique ou éco responsable..🤩 Une mode qui en parallèle de la fast fashion se développe petit à petit avec de belles marques moderne et tendances et très esthétiques…et des technologies toujours plus novatrices…L’avenir est en route…🤩

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ton article est complet et interessant? perso je n ai jamais surconsommé et depuis quelques années j achete du seconde main pour ma fille que je trouve en vie grenier ou snon je coud ce dont elle a besoin. Pour moi peu d achat je garde mes vetement des annees , j ai des vetements qui ont 15 ans dans mon armoires

Aimé par 1 personne

Hello ! Vraiment top cet article ! Je suis entièrement d’accord avec ta démarche, pas facile mais tellement honorable.
Entre le plaisir de dénicher une super pièce sur Vinted et celle de trouver le même haut que tout le monde dans son rayon bien rangé… y a pas photo 😀
Je fais aussi ça pour les livres d’ailleurs : trouver LE livre que je cherchais d’occasion à Emmaüs ou dans un vide grenier, ça n’a pas de prix 🙂

Aimé par 1 personne

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